Le transport des passagers par bus et taxis voitures est suspendu dans la zone sous occupation des rebelles de l’AFC/M23, sur la route Butembo-Goma, dans la province du Nord-Kivu. Une décision décriée par les responsables des agences de transport en ville de Butembo.
Par la Rédaction/RTVH
Dans un communiqué publié le week-end dernier, l’administration rebelle a annoncé une série de mesures limitant le mouvement de personnes en provenance de la partie grand Nord de la province. Notamment, la suspension jusqu’à nouvel ordre du transport des passagers par bus et taxis voitures, appelés « Léo Leo ».
Seul le trafic des marchandises avec à bord de chaque véhicule, un chauffeur et son convoyeur, est autorisé. Les autorités de l’AFC/M23 justifient leur décision par des mesures barrière prises contre la propagation de la Maladie à Virus Ebola.
« Une décision démesurée »
En réaction, les agences de transport œuvrant sur la route Butembo-Goma jugent « démesurée » cette décision, par rapport au danger sanitaire décrié.
« Cette mesure est comme un coup de foudre. On ne s’attendait pas à une telle décision qui interdit le trafic entre les villes de Butembo et Goma. Ce n’est pas la première fois que nous faisons face à l’épidémie d’Ebola. Nous avons déjà vécu Ebola et Coronavirus », réagit Muhindo Musubao Gaston, président de l’Union des Propriétaires des Véhicules (UPV).
Impact socio-économique de la mesure
Il redoute des conséquences fâcheuses de cette mesure, dont le « renvoi au chômage forcé », des chauffeurs exerçant sur cet axe routier.
« Durant cette période de suspension, nous allons rester à la maison sans travailler. Nos chauffeurs des bus qui sont payés par trafic ou par voyage, comment vont-ils vivre avec leurs familles à nourrir ? », s’interroge-t-il.
Le président de l’UPV suggère plutôt la limitation du nombre de passagers par véhicule, afin de faire respecter la distanciation physique.
« Nous avons vécu Ebola et Coronavirus. Pendant cette période, le nombre de passagers à bord des véhicules était réduit. Pour les taxis voitures par exemple, l’on parlait de trois à quatre personnes », plaide Muhindo Musubao.
Selon le bulletin épidémiologique de la semaine en cours, la ville de Butembo enregistre 5 cas confirmés d’Ebola de souche Bundibugyo et plusieurs autres cas suspects.









