Engagés au dialogue Aru 2, les groupes armés Mouvement d’Autodéfense Populaire de l’Ituri (MAPI) et l’autodéfense Zaïre ainsi que des leaders de la communauté Hema, ont claqué la porte. Une décision qui fait suite à l’attaque du groupe armé Coopérative pour le Développement du Congo (CODECO), menée contre des civils en territoire de Djugu.

Alors que le dialogue intergroupe touchait à son terme, vendredi 27 Juin 2025 à Aru, dans la province de l’Ituri, les assises n’ont pas connu une fin normale. Sur les six groupes armés conviés, quatre ont signé l’acte d’engagement pour la paix en Ituri. Il s’agit de la CODECO, du Front Patriotique et Intégrationiste du Congo (FPIC) dit Chini ya Kilima, la Force de Résistance Patriotique de l’Ituri (FRPI) et Chini ya Tuna.

Indignation de MAPI et du Zaïre

MAPI et Zaïre se sont retirés à la dernière minute après une attaque meurtrière de la CODECO dans un site des déplacés à Djugu. Des leaders communautaires et coutumiers Hema ont également quitté la salle du dialogue. Ils protestent contre cette attaque menée par un groupe présent aux pourparlers de paix.

Selon la société civile, les assaillants ont fait incursion vers 5heures locales dans le camp des déplacés de Djangi, près de la localité de Drodro, en territoire de Djugu.

« Comme bilan provisoire, nous avons 9 corps récupérés et 12 blessés graves », dresse Charité Banza, Coordonnateur des forces vives en chefferie des Bahema-Nord qui déplore l’intervention tardive des casques-bleus de la MONUSCO.

Crime contre l’humanité

Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) qualifient cette attaque de crime contre l’humanité.

« Les attaques dans le site des déplacés sont l’œuvre de ceux qui ne sont pas dans le dialogue », fustige le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l’armée congolaise en Ituri.

À Aru, des sources du comité organisateur du dialogue renseignent que MAPI et Zaïre signeront l’accord de paix dans les prochains jours, après le deuil de leurs membres. Ce dialogue intergroupes armés est le 17e auquel prend part la CODECO. Curieusement, ce groupe armé n’a jamais respecté ses engagements, regrette la MONUSCO.