Depuis plus d’un mois, des informations circulent sur une probable cohabitation entre la population civile et les combattants d’Allied Democratic Forces (ADF), dans le Nord-Ouest du territoire de Lubero, en province du Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC.

Selon la société civile du secteur des Bapere et les autorités territoriales, les ADF auraient changé leur mode opératoire en s’infiltrant dans la communauté. A les en croire, ils ont commencé à faire payer des taxes et acheter des minerais auprès des habitants.

Analysant la nouvelle donne, le journaliste, chercheur et spécialiste de ce mouvement terroriste, Nicaise Kibel Bel Oka, estime qu’il ne s’agit pas d’un changement de mode opératoire, plutôt, de la faim qui malmène les ADF en pleine errance dans la brousse, sous une forte pression militaire des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et de Uganda People’s Defence Forces (UPDF).

« Ce que vous appelez changement de mode opératoire n’en est pas un. Ils étaient dans la forêt qui a des avantages comme cours d’eau, de la nourriture, … ils faisaient aussi les champs. La population venait même leurs vendre les produits et eux-mêmes sortaient pour les acheter. Lorsqu’ils sont aujourd’hui en déplacement continuel, le premier ennemi ce n’est plus la puissance du feu, mais c’est la faim. C’est pourquoi, ils commencent à demander des taxes pour survivre. Et les gens n’ont toujours pas su que les ADF font le commerce des bois sciés dans la forêt de Tutsobo, Kamango, … », explique Nicaise Kibel Bel.

Extrait audio de l’analyse de Nicaise Kibel Bel sur le prétendu changement du mode opératoire par les ADF à Lubero.

Depuis fin novembre 2021, les forces conjointes FARDC-UPDF intensifient la traque des combattants ADF en territoires de Beni et Lubero, dans la province du Nord-Kivu, ainsi que dans la partie Ouest de la province de l’Ituri. Ce mouvement terroriste est accusé d’être auteur d’une série de massacres des civils dans la partie Nord-Est de la RDC.