Les musulmans de Butembo, Lubero et Beni ont célébré, dimanche 30 mars 2025 l’Aïd el-Fitr, fête marquant la rupture du jeûne du mois de ramadan. En province du Nord-Kivu, la communauté islamique invite ses membres à continuer de prier pour le retour de la paix dans la partie Est de la République Démocratique du Congo.
par Babakar Vikwa et Mervedi Kalmer
Des centaines de musulmans se sont rassemblés à l’esplanade de Kalemire en ville de Butembo et au stade du 15 octobre en ville de Beni, pour le culte. Hommes et femmes ont rendu grâce à Allah (Dieu) pour l’accalmie observée dans la partie grand nord de la province du Nord-Kivu durant le ramadan.
« Le ramadan nous a façonnés et nous a permis d’être en communion avec Dieu. Il faut faire le bien et s’abstenir du mal. Comme le dit notre prophète, tout ce que nous faisons provient de notre intention. Si elle est positive, Dieu va nous récompenser », a déclaré l’Iman Abdalaziz Kibangu, représentant régional adjoint de l’Islam à Butembo-Lubero.
Cultiver la paix
À l’occasion, la culture de la paix a été rappelée à toute la communauté musulmane. En ce qui concerne la guerre du M23/AFC, Sadi Ngonda, représentant chargé des cultes et affaires religieuses en région islamique de Beni a démontré qu’aucune église ne peut prêcher la rebellion à ses fidèles.
« Si à Beni nous avons eu l’opportunité de fêter, c’est parce que les autorités qui nous dirigent ici sont restées vigilantes et ont empêché l’invasion rebelle. Au Petit Nord, plusieurs d’entre nous n’ont pas eu l’occasion de prier à cause de l’insécurité. Aucune église ne peut envoyer son fidèle à la rébellion, c’est l’individu lui-même qui peut faire le choix de la rébellion », fait-il savoir.
Pour nombreux musulmans, cette période leur permet de renforcer les liens avec Allah. Aïd el-Fitr intervient dans un contexte d’insécurité dans la province du Nord-Kivu dont une bonne partie est occupée par la rebellion du M23 soutenue par le Rwanda.