L’Union Européenne (UE) a imposé, lundi 17 mars 2025, des sanctions ciblées contre certains leaders du M23/AFC et quelques hauts responsables de l’armée rwandaise. Des sanctions qui traduisent la mobilisation de l’Europe pour la cause de la République Démocratique du Congo.

Analysant la décision de l’UE, le Professeur Antoine Roger Lokongo, chef du département des relations internationales à l’Université de Boma au Kongo central, estime qu’il s’agit d’un réveil tardif de la communauté internationale, pour la cause de la RDC dans la crise sécuritaire qui secoue l’Est du pays.

« À travers ces sanctions, l’opinion internationale est très bien informée maintenant de ce que les chefs de file Museveni et Kagame font au Congo », commente-t-il.

S’agissant de l’impact des sanctions européennes, cet enseignant d’universités déclare qu’elles ne vont pas directement changer la situation sur les lignes de front en provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu.

« Est-ce que ces sanctions peuvent avoir un impact sur le terrain? Je dis non. Parce que le M23/AFC et ses alliés ne vont pas lâcher. Mzee Kabila disait: c’est un complot ourdi de longue date, celui d’envahir le Congo, balkaniser le Congo et annexer une partie du Congo au Rwanda et à l’Ouganda. Ceci est une illusion parce qu’ils essaient depuis 1961, … », relativise le Professeur Antoine Roger Lokongo.

Toutefois, il ajoute que ces sanctions rendent aussi la « controffensive militaire de Kinshasa justifiable », démontrant à la face du monde que le « Congo se bat pour une cause juste ».

Le Gouvernement de Kinshasa salue les sanctions ciblées de l’Union Européenne et appelle à des sanctions plus robustes contre des dirigeants rwandais. Ces sanctions s’ajoutent à celles du département d’Etat du trésor américain et de l’Allemagne.