Les dernières sanctions des Etats-Unis d’Amérique contre les intérêts de l’ancien Président de la RDC, Joseph Kabila, sont le reflet d’une vérité longtemps étouffée.
Par la Rédaction/RTVH
Réaction de Julien Paluku, Ministre du Commerce Extérieur et ancien Gouverneur de la province du Nord-Kivu à la mesure du Trésor d’Etat américain, annoncée jeudi 30 avril. Selon ce communiqué, Washington a sanctionné l’ancien Président et gelé ses comptes à l’étranger pour notamment, « son rôle dans le soutien à la rébellion de l’AFC/M23 », dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
« Il aurait apporté un soutien financier à l’AFC, afin de peser sur la situation politique dans l’Est de la RDC. Kabila aurait également encouragé des soldats des FARDC à déserter pour rejoindre les rangs de l’AFC dans l’Est du pays, dans le but de renforcer le mouvement, et chercher sans succès, à lancer des attaques depuis l’étranger contre les FARDC dans l’Est de la RDC », lit-on dans le communiqué rapportant les sanctions.
Episodes révélateurs
Commentant la décision des USA, Julien Paluku déclare qu’elle n’est pas une « simple mesure administrative », plutôt un reflet d’une « vérité longtemps étouffée ». Il évoque trois épisodes révélateurs pour expliquer cette affirmation.
Premier épisode, c’est l’exfiltration du seigneur de guerre Laurent Nkunda en 2009.
« Alors que Laurent Nkunda opérait entre Bunagana et Masisi, nous apprenions avec surprise son arrestation au Rwanda. Et le prix, c’était le lancement de l’opération Umoja Wetu autorisant l’entrée de l’armée rwandaise sur notre sol sous prétexte de traquer les FDLR », rappelle-t-il.
En deuxième position, l’ancien Gouverneur du Nord-Kivu s’interroge sur la retrouvaille du chef rebelle Bosco Ntaganda dans l’ambassade américaine à Kigali en 2013, sans être intercepté par les services de sécurité et renseignement.
« La réponse est claire, c’est la complicité entre Joseph Kabila et Paul Kagame, président rwandais », fait-il savoir.
Enfin, le Ministre du Commerce Extérieur évoque le sabotage de la victoire de l’armée congolaise sur le Mouvement du 23 Mars (M23), entre 2013 et 2014.
« Alors que l’armée congolaise écrasait le M23 militairement, le 5 novembre 2013, Joseph Kabila a imposé une décision incompréhensible, obligeant l’armée à signer en 2014 une déclaration de fin de guerre avec un ennemi déchu et réfugié au Rwanda et en Ouganda », ajoute-t-il.
Une réalité géopolitique
A l’en croire, la jonction entre l’ancien Président Joseph Kabila et le M23 constitue une « réalité géopolitique que les sanctions américaines viennent de valider ».
« Ces sanctions ne sont pas prises en une semaine. Elles reposent sur des preuves documentées et solides : blanchiment des capitaux, circuits de financement, corruption systémique, affaiblissement de l’armée, déstabilisation sécuritaire,… », fait observer Julien Paluku.
Il conclut que l’avènement de l’actuel Président de la République, Félix Tshisekedi a mis à nu les « accords de coulisses » entre Joseph Kabila et Paul Kagame, en sacrifiant la souveraineté congolaise sur fond d’intérêts privés. L’ancien Gouverneur Julien Paluku appelle à une prise de conscience nationale de tous les congolais pour la défense de l’intégrité territoriale de la RDC.









