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RDC : Guerre à l’Est, Joseph Kabila charge le pouvoir de Kinshasa et épargne Kigali

L’ancien Président de la République Démocratique du Congo a de nouveau pris parole, vendredi 09 Octobre 2026. Dans son discours diffusé sur les réseaux sociaux, Joseph Kabila a dénoncé les « dérives dictatoriales » du pouvoir de Kinshasa et « l’inertie du Parlement congolais ». Cependant, aucune accusation n’a été formulée par lui contre le Rwanda accusé d’alimenter la guerre à l’Est de la RDC sous couvert de l’AFC/M23.

Selon l’ancien Chef de l’Etat, « la RDC n’est plus une République, encore moins une Démocratie, plutôt un pays en péril ». A l’en croire, le pouvoir de Kinshasa s’illustre par des actions contre les valeurs démocratiques.

« Vaincue le 17 Mai 1997, la dictature était de retour sous sa forme la plus détestable moralement, c’est la tyrannie. D’où, une gouvernance préoccupée par la survie du régime en place que par le bien du peuple. Cette situation a comme trait caractéristique, l’institutionnalisation du tribalisme et du nepotisme, la discrimination et la stigmatisation des minorités, l’instrumentalisation de la puissance publique à des fins politiques, l’aggravation de la misère du plus grand nombre et l’opulence scandaleuse d’une caste dirigeante sans scrupule », a-t-il décrit.

Joseph Kabila affirme que ce modèle de gouvernance a provoqué une rupture de cohésion nationale, le conflit identitaire, l’insécurité et la guerre à travers la RDC. Parlant du fonctionnement institutionnel, le Président honoraire accuse les parlementaires d’avoir abdiqué leur mission constitutionnelle pour se muer en caisse de résonance du pouvoir de Félix Tshisekedi.

« Bien plus, ceux qui siègent et qui auraient dû jouer le rôle que leur assigne la Constitution pour défendre les acquis et garantir le bon fonctionnement des institutions, ont fait le triste choix. Confortables dans cette dictature, la surenchère du culte de la personnalité, ils chantent à longueur de journée les louanges d’un individu qui, pourtant, n’a aucun respect pour eux, encore moins pour notre peuple », a-t-il ajouté.

Dans le chapitre diplomatique, Joseph Kabila dénonce ce qu’il qualifie « d’illusions » du régime en place qui estime bénéficier d’un soutien inconditionnel des États-Unis d’Amérique après la signature de l’accord sur les minerais critiques.

« Il oublie en effet qu’il s’agit d’un accord entre Etats et que le droit et obligations des parties au terme des pareils accords sont garantis par le principe de la continuité de l’Etat et non de la pérennité du régime en place », a-t-il fait savoir.

Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila accuse le Gouvernement de Kinshasa de collaboration avec les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), des miliciens Wazalendo et des mercenaires étrangers.

« Malgré les revers répétés sur le terrain militaire des FARDC, le pouvoir de Kinshasa poursuit une guerre sans volonté ni moyens de la gagner », a-t-il enchaîné.

Il a également fustigé le refus par le pouvoir d’un « dialogue inclusif », tel que proposé par la Conférence Episcopale Nationale du Congo et l’Église du Christ au Congo-CENCO-ECC ainsi d’autres initiatives de paix portées par les organisations régionales.

Charger Kinshasa pour épargner Kigali

Accusé par Kinshasa, ONU, Union Européenne et Washington de soutenir militairement la guerre de l’AFC/M23, le régime de Kigali n’a pas été cité nommément par Joseph Kabila dans son discours. Il en est de même de son silence face aux cas de violations des droits de l’homme, d’occupation illégale des maisons des civils, de pillages et extorsions des biens de la population attribués aux rebelles par l’ONU et la société civile du Nord-Kivu.

Dans la chute de son adresse, l’ancien Président de la RDC a annoncé qu’il partagera « dans les heures, jours et semaines à venir », sa vision de ce qu’il faut entreprendre pour « sauver » le pays.

Lors de son discours du 23 Mai 2025 à Goma, Joseph Kabila avait présenté un plan contenant douze points, pour une paix durable en RDC et dans la région. Entre autres, « la fin de la dictature, l’arrêt de la guerre, le rétablissement de l’autorité de l’État, la restauration de la démocratie et des libertés fondamentales, la réconciliation nationale, la neutralisation des groupes armés nationaux et étrangers, le retrait des troupes étrangères, la relance du développement économique et la reprise d’un dialogue avec les pays voisins ».

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