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RDC : S’adressant au M23, le Gouvernement prévient que « l’enseignement supérieur n’est pas un butin de guerre »

Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo justifie la suspension des activités académiques dans certaines institutions publiques de Goma et Bukavu, à l’Est du pays, par la nécessité de protéger les parcours académiques des étudiants.

Dans un communiqué signé, Jeudi 27 Août 2026 à Kinshasa par le Ministre de la communication et médias, le Gouvernement congolais déplore ce qu’il qualifie « d’ingérence de l’AFC/M23, supplétif du Rwanda, dans le fonctionnement de certaines institutions publiques d’Enseignement Supérieur et Universitaire ». Désapprouvant l’éviction par l’AFC/M23 des Comités de Gestion régulièrement investis et l’installation irrégulière de ses membres dans des responsabilités académiques, le Gouvernement soutient la série de mesures conservatoires prises par la Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, ciblant temporairement onze (11) établissements publics précisément identifiés à Goma et Bukavu.

Base légale des mesures temporaires

Le Gouvernement explique que les mesures prises trouvent leur fondement dans les articles 42, 43 et 45 de la Constitution, ainsi que de la Loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014 de l’enseignement national. Elles s’inscrivent également dans les principes consacrés à l’article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, à l’article 17 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, aux standards de l’UNESCO relatifs à l’autonomie universitaire, à la liberté académique et à la protection de l’éducation, ainsi qu’à la Résolution 2601 (2021) du Conseil de sécurité des Nations-Unies relative à la protection et à la continuité de l’éducation en période de conflit armé.

« Au regard de ces exigences, il serait irresponsable de laisser se poursuivre un cursus dont la régularité serait compromise et d’en faire supporter les conséquences futures aux étudiants et à leurs familles. Ces mesures ne constituent ni une fermeture générale de l’enseignement supérieur au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, ni un abandon des étudiants ou des populations vivant dans les zones sous occupation. Les acquis académiques régulièrement obtenus demeurent protégés et aucun étudiant n’est appelé à recommencer son parcours à zéro. Ces mesures feront l’objet d’un suivi permanent et seront réévaluées au regard de l’évolution de la situation sécuritaire, de rétablissement de légalité institutionnelle et des conditions de fonctionnement régulier des établissements concernés », lit-on dans le communiqué.

L’Enseignement Supérieur n’est pas un butin de guerre

Le Gouvernement rassure que les enseignants régulièrement reconnus continuent à percevoir leur rémunération, y compris ceux qui sont déplacés, réfugiés ou empêchés d’exercer du fait de l’occupation. Les situations individuelles liées à une éventuelle collaboration avec l’AFC/M23 sont examinées conformément aux procédures en vigueur et dans le respect des droits de la défense. Il ajoute que la République demeure solidaire de ceux qui subissent la guerre et ne saurait, dans le même temps, financer ceux qui ont rejoint un mouvement engagé dans l’agression contre la République.

« Le Gouvernement rappelle par ailleurs que l’occupation n’entraîne pas, à elle seule, l’arrêt des services publics. L’occupation d’une partie du territoire national ne confère ni au Rwanda ni à l’AFC/M23 une quelconque compétence administrative ou académique. Les Comités de gestion régulièrement
investis demeurent les seules autorités habilitées à engager les établissements concernés. Une université congolaise ne peut devenir un butin de guerre
 », prévient-il.

À l’occasion, le Gouvernement réaffirme sa détermination à protéger les étudiants, la régularité de leurs parcours et la valeur
de leurs diplômes, ainsi qu’à préserver les droits des enseignants régulièrement reconnus. Il dit poursuivre, dans le même temps, tous les efforts nécessaires pour mettre fin à l’agression, restaurer pleinement l’autorité de l’État dans les territoires occupés et rétablir le fonctionnement régulier des institutions de la République.

La Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Recherche Scientifique et innovations, Marie-Thérèse Sombo a signé, le 20 Août 2026, un arrêté annonçant la suspension jusqu’à nouvel ordre, de toutes les activités académiques dans 11 institutions publiques des Villes de Goma et Bukavu.

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