La situation sécuritaire se détériore davantage dans le secteur des Bapere et en groupement Manzia, dans le territoire Lubero, au Nord-Kivu. Des cas de tueries de civils et incendies des structures sanitaires par les terroristes ADF (Allied Democratic Forces) y sont rapportés au quotidien.

Se confiant à la presse, jeudi 27 novembre à Butembo, Kakule Kagheni Samuel, président de la société civile des Bapere fait savoir que cette situation est à la base de la suspension des activités scolaires dans la sous-division de Njiapanda et de la fermeture des formations sanitaires dans les zones de santé de Biena et Mangurejipa.

Parlant des activités scolaires, le président des forces vives des Bapere indique que 42 écoles ne fonctionnent plus suite aux incursions meurtrières des ADF.

« Les écoles ne fonctionnent plus. On ne peut pas éduquer les enfants dans une situation sécuritaire préoccupante. On peut commencer les cours à 7h30 mais vers 10 heures, il y a crépitement des balles ou bien des alertes par rapport à une incursion quelque part et directement les enfants vont prendre fuite. La sous-division elle-même n’existe plus », déclare-t-il.

Kakule Kagheni Samuel, président de la société civile du secteur des BAPERE répond aux questions de la presse de Butembo. © Esther Vwiravwahali

Dans le secteur de la santé, Kakule Kagheni Samuel fait savoir que seules quatre aires de santé offrent encore des services minimums à la communauté sur une dizaine que compte la zone de santé de Mangurejipa. Le même constat est fait dans la zone de santé de Biena, où des prestataires des soins réclament la sécurisation des structures sanitaires.

« A part la structure de santé de Byambwe, il y a celle de Masingi qui avait été incendiée. Le centre de santé de Banduli a été pillé. En zone de santé de Mangurejipa, il y a quatre à cinq structures qui fonctionnent sur les douze qui existaient. C’est pourquoi, le personnel soignant vit dans l’inquiétude », déplore-t-il.

Pour permettre la reprise des activités dans ces secteurs clés, la société civile plaide pour le lancement des opérations militaires robustes contre les ADF avec le déploiement des nouvelles unités FARDC et l’engagement inconditionnel du Gouvernement de la RDC.

D’après Kakule Kagheni Samuel, plus de 2650 civils ont été tués par les terroristes ADF depuis le début des massacres dans cette partie du territoire de Lubero, au mois de juin 2024.