SECURITE

Massacres des civils à l’Est de la RDC : Julien Paluku préconise 5 pistes de solutions pour éradiquer le phénomène ADF (Tribune)

Il s’est exprimé dans une nouvelle tribune intitulée, « comprendre les ADF en bref : origine et évolution », publiée dimanche 31 Mai. Dans cette publication, l’ancien Gouverneur de la province du Nord-Kivu situe la vague intense et systématique des massacres de civils dans la région de Beni, en octobre 2014.

Il souligne que plusieurs opérations militaires ont déjà été menées contre ce groupe terroriste, notamment sous le commandement des généraux Mbuyi en 2005 et Bahuma en 2014, avant les opérations conjointes FARDC-UPDF.

Origine des ADF

A l’origine des ADF, il évoque une fusion de mouvements d’opposition frustrés par le régime du Président ougandais Yoweri Museveni, à partir de 1986. Neuf ans plus tard, soit en 1995, les dissidents musulmans de l’Ouganda Muslim Freedom Fighters s’allient au groupe National Army for the Liberation of Uganda (NALU), donnant naissance à ADF-NALU.

Julien Paluku Kahongya poursuit que face à la supériorité militaire de l’armée ougandaise, les ADF ont été chassés de leurs bases initiales traversant la frontière congolaise entre 1995 et 1996.

« Le groupe s’est installé dans les montagnes du Rwenzori sous la tolérance du Président Mobutu Sese Seko, qui tentait de déstabiliser le régime de Museveni », explique-t-il.

Motivations des massacres des civils

En ce qui concerne les motivations de l’intensification des tueries contre les civils, cet expert en management des conflits armés dans la région des Grands-Lacs, parle d’une arme de dissuasion militaire, tendant à forcer l’armée congolaise à interrompre ses opérations et punir la population suspectée de collaborer avec les FARDC.

A celles-ci s’ajoutent l’exploitation des ressources naturelles et l’intégration des ADF au sein de l’État islamique en mettant en scène leur cruauté afin de continuer à recevoir des financements extérieurs et d’attirer des recrues venant de l’Ouganda, de la Tanzanie, du Kenya et du Rwanda.

Pour éradiquer ce phénomène, Julien Paluku Kahongya préconise l’adaptation de la stratégie militaire à la guerre asymétrique, la coupure de la chaîne de financement et d’approvisionnement des ADF, mais aussi le nettoyage de la chaîne de commandement et la lutte contre les complicités au sein de l’armée. Il insiste également sur les perspectives du Désarmement, Démobilisation pour les combattants congolais et le rétablissement de la justice pour les victimes.

La veille de la publication de cette tribune, une dizaine de personnes ont été massacrées par les ADF en ville et territoire de Beni, au Nord-Kivu.

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