La journée mondiale des luttes paysannes est célébrée ce vendredi 17 Avril. En province du Nord-Kivu, de nombreux défis constituent des obstacles au développement des activités paysannes.

Interrogé par rtvh.net en marge de cette célébration, le chef de programmes de la Ligue des Organisations Féminines Paysannes du Congo (LOFEPACO), confirme l’accès difficile aux terres pour les agriculteurs. Selon Muhindo Kisoki Lukando, la concentration des terres entre les mains de grands concessionnaires et l’insécurité grandissante constituent des freins majeurs qui paralysent le développement des activités paysannes.

« La plupart des terres sont entre les mains des grands concessionnaires. Les petits agriculteurs n’y accèdent pas facilement. En plus, ces concessions ne sont pas trop exploitées par leurs propriétaires et pourtant les petites terres utilisées par les paysans sont en train de devenir infertiles. D’autres facteurs sont l’absence des titres fonciers; le contrat d’amodiation que beaucoup d’agriculteurs n’ont pas. Il y a aussi l’insécurité grandissante et le conflit foncier récurrents dans la zone, qui rendent l’accès difficile. La plupart des agriculteurs abandonnent leurs terres à cause de l’insécurité dans leur zone », explique-t-il.

Muhindo Kisoki Lukando indique que les difficultés liées à l’accès aux terres sont à la base d’une faible production, ce qui provoque automatiquement une insécurité alimentaire. Il plaide pour la sécurisation des zones agricoles et la collaboration entre les grands concessionnaires et les petits agriculteurs.

La journée mondiale des luttes paysannes est un rendez-vous annuel qui a pour objectif, dénoncer l’agrobusiness et l’accaparement des terres, tout en plaidant pour la souveraineté alimentaire et les droits des agriculteurs.