L’ultimatum fixé par les Etats-Unis d’Amérique pour le retrait des militaires rwandais du sol congolais a expiré, mercredi 15 Juillet 2026. En ville de Beni, des acteurs sociopolitiques qualifient l’attitude du Rwanda, d’un défi lancé à Washington.
Par Mumbere Patrick Syaluha et Martin Leku
Début Juin 2026, le Secrétaire d’État américain Marco Rubio qui s’exprimait devant la Commission des Affaires Étrangères de la Chambre des représentants aux États-Unis, disait espérer voir les troupes rwandaises se retirer du sol congolais d’ici la mi-juillet. Une demande américaine qui s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre des accords de Washington.
À l’expiration de l’échéance, aucun désengagement n’est perceptible sur le terrain. Au contraire, des affrontements se poursuivent sur certaines lignes de front, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Un défi pour Washington ?
Pour plusieurs acteurs sociopolitiques de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, le non retrait des troupes rwandaises qui soutiennent les rebelles de l’AFC/M23, met à l’épreuve la crédibilité des USA dans l’exécution des engagements diplomatiques.
« Les militaires rwandais qui soutiennent le M23 sont encore en RDC et sur les lignes de front. Ils se renforcent d’ailleurs vers Kitsombiro, en territoire de Lubero. Ils sont donc en train de bafouer les États-Unis d’Amérique », déclare Maître Pépin Kavota, Président de la société civile de Beni.
Jackson Sinzahera, activiste des mouvements citoyens, estime que l’initiative américaine peine à produire des effets concrets sur le terrain.
« Nous comprenons aujourd’hui que les États-Unis sont en train de se foutre du peuple congolais », réagit-il.
De son coté, Moïse Ngesera, acteur politique au sein de l’Union Sacrée de la Nation, plate forme politique de la majorité au pouvoir, plaide pour des sanctions ciblées contre le Président rwandais Paul Kagame, afin d’obtenir le retrait effectif des troupes rwandaises de la RDC.
« On croyait que les troupes rwandaises allaient se retirer du sol congolais. Au contraire, elles se renforcent. C’est pourquoi, nous demandons à Washington de sanctionner directement le Président de la République du Rwanda », souhaite-t-il.
Selon le récent rapport du groupe d’experts des Nations-Unies, près de 18 000 militaires rwandais sont déployés en appui aux rebelles de l’AFC-M23 au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo.








