24 heures après la signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington, dix (10) organisations de défense des droits de l’homme en province Nord-Kivu, saluent les engagements diplomatiques pris par les deux États.

Dans un communiqué rendu public, vendredi 5 décembre, ces structures de la société civile affirment que l’accord de paix entériné par le Président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais, Paul Kagame, traduit une volonté de construire la paix dans l’Est de la RDC. Cependant, elles disent craindre la « récidive » du Rwanda, rappelant l’échec de plusieurs accords antérieurs.

« L’histoire récente démontre que les engagements pris dans le passé, notamment ceux de l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba de 2013 n’ont jamais été respectés par Kigali », déclarent ces organisations.

Elles estiment que cette méfiance est renforcée par les événements survenus quelques heures seulement avant l’enterinement de l’accord. Elles évoquent des attaques meurtrières dans les champs de Kahumiro, près de Kibirizi, ainsi que dans les territoires de Rutshuru et Masisi, qui auraient coûté la vie à une cinquantaine de civils sans citer des violents combats signalés dans la province du Sud-Kivu.

Par ailleurs, le collectif de ces organisations s’oppose à tout dialogue national précipité. À l’en croire, les dialogues successifs n’ont servi qu’à enfoncer davantage le pays dans une crise structurelle.

La priorité, soulignent ces organisations, doit rester la reconquête des entités sous occupation des éléments rwandais opérant sous le label du M23-AFC, la restauration de l’autorité de l’État, le retour des déplacés et des actions socio-économiques en faveur des communautés sinistrées.

Enfin, ces structures appellent les garants internationaux, allant des États-Unis d’Amérique à l’Union Africaine, à veiller au strict respect des engagements pris par le Rwanda. Elles demandent également à Félix Tshisekedi de maintenir la vigilance et de garder comme priorité absolue, la libération totale des zones occupées.