Le député national Carly Nzanzu Kasivita dénonce ce qu’il qualifie des surcharges parafiscales imposées aux habitants du Nord-Kivu et de l’Ituri par les autorités provinciales de l’état de siège. A en croire l’élu du territoire de Beni, ces pratiques qui ont des répercussions sur les consommateurs, compromettent les efforts du Gouvernement Central, visant à soulager des populations meurtries par l’insécurité dans ces deux provinces.
Par la Rédaction/RTVH
Dans une correspondance adressée à la Première Ministre, Judith Suminwa, le député Carly Nzanzu Kasivita fait observer la violation par les Gouverneurs militaires du Nord-Kivu et de l’Ituri de l’esprit des décrets du Premier Ministre qui consacrent les allégements fiscaux et censés atténuer l’impact de l’insécurité sur les activités économiques dans ces deux provinces. En ce qui concerne les mesures décidées par Kinshasa sur la réduction de la parafiscalité sur les produits stratégiques comme le carburant, Carly Nzanzu Kasivita démontre qu’elles n’ont jamais été respectées par les deux autorités provinciales qui, à l’en croire, imposent au contraire des pratiques qui entraînent une augmentation des charges pour les transporteurs et exportateurs.
« En province du Nord-Kivu par exemple, la taxe sur le carburant a été augmentée de 1000 à 3000 dollars américains. En Ituri, la même taxe est passée de 1000 à 1500 dollars. Au lieu de soulager la population, les autorités provinciales militaires ont plutôt augmenté la parafiscalité sur le carburant, contrairement aux décrets du Premier Ministre », fustige-t-il.
Dans le même chapitre, il déplore l’imposition des montants variant entre 5 et 10 dollars américains par tonne lors de l’exportation du cacao et du café, en violation des principes du code agricole.
« Le secteur de l’agriculture qui est un secteur moteur au Nord-Kivu est aussi surchargé. Au lieu de respecter l’esprit de la loi portant principes fondamentaux sur l’agriculture qui souhaite qu’il faut diminuer les charges sur l’exportation du cacao pour que les prix profitent aux agriculteurs; au contraire, le Gouvernement provincial exige le paiement de 10 dollars par tonne au profit du pouvoir provincial mais au détriment de l’agriculteur. L’augmentation des taxes concerne aussi le café où il faut désormais payer 5 dollars par tonne », explique-t-il.
D’après le député Carly Nzanzu Kasivita, ces surcharges parafiscales qui ont des répercussions sur les consommateurs, compromettent les efforts du Gouvernement Central visant à soulager des populations meurtries par l’insécurité. Il appelle la Première Ministre à rétablir pleinement la politique nationale de décompression fiscale afin que les communautés locales bénéficient réellement des mesures décidées par le Gouvernement Central. Pour ce faire, il plaide pour la reconduction par la Première Ministre, du décret du 21 novembre 2024 et celui du 13 février 2025 qui accordent des allègements fiscaux dans les provinces sous état de siège.









